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Le saviez-vous ? (Emmanuel Reynaud & son Château Rayas)

Anecdotes & autres histoires pour briller dans vos diners entre amis.


Légèreté, illustration de Louise Adélaïde Sainderichin, 2019


Le nom d'Emmanuel Reynaud ou du moins celui du Château Rayas parle à la plupart des amateurs de vins du plus néophyte au plus passionné. Aux mains de Jacques Reynaud (l'oncle d'Emmanuel) à partir de 1974, celui-ci meurt subitement en 1997 laissant la place à son neveu. Malheureusement aux coeurs de toutes les convoitises, Emmanuel connaitra des débuts difficiles, décrié pour ses méthodes, il deviendra par la suite le maître reconnu et admiré que l'on connait. Ses vins s'échangent de cinq à sept fois plus chers que les prix exercés par le domaine. Se fournir directement auprès du vignoble n'est donné qu'à une petite minorité de chanceux, mais inutile de présenter son porte-monnaie, la n'est pas la question !


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Un terroir d'exception


"C’est pour la magie de cette lumière, au milieu des bois, que mon arrière-grand-père a acheté le ­domaine en 1880." Emmanuel Reynaud

Echantillon de terre, Château Rayas, photo de Louise Adélaïde Sainderichin


Sur un sol sablonneux, le vignoble du château Rayas offre à tout âge un vin d'un incroyable finesse. Le choix du grenache en rouge et du grenache et clairette en blanc offre des vins d'une subtile légèreté. Loin des conventions et pratiques habituelles, Emmanuel Reynaud ne fait rien comme tout le monde. Il taille plus tôt et vendange plus tard que ses voisins. Enraciné dans un sol pauvre, chaque pied de vigne est écarté d'au moins deux mètres du suivant, taillés en gobelet pour protéger le raisin du soleil, il les laisse s'assécher doucement, allant jusqu'à vendanger fin octobre, voir même début novembre comme en 2019. L'audace dont fait preuve Emmanuel Reynaud apporte à son vignoble toute sa complexité et sa rareté, mais cela à un coût qui peut parfois être lourd à payer. En 2018, la récolte a du être sacrifiée, seules quelques centaines de litres ont été produites cette année là.

Un pari que fait cependant volontiers Emmanuel Reynaud : "Si je ne prends pas de tels risques alors que j'en ai les moyens, qui d'autre le fera ?"

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Une histoire de famille


L'histoire du vignoble remonte à l'arrière grand-père d'Emmanuel Reynaud, Albert, suivi par son grand-père Louis puis repris par Jacques Reynaud en 1974 jusqu'à son décès en 1997.


Emmanuel va rapidement travailler la vigne aux côtes de son père et son oncle, dès ses 19 ans. En 1989, Emmanuel et son père font construire une cave pour la vinification et l'élevage des vins du château des Tours. Il y fera ses armes jusqu'au jour où il prendra la tête du château Rayas suite au décès de son oncle.


"C’est pour la magie de cette lumière, au milieu des bois, que mon arrière-grand-père a acheté le ­domaine en 1880." Emmanuel Reynaud


Paysage, site : www.chateaurayas.fr (photothèque)


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homme discret & passionné


Emmanuel Reynaud dans ses vignes, photo de Louise Adélaïde Sainderichin


1997, Emmanuel Reynaud prend possession du vignoble du château Rayas alors très convoitée. Après un rachat auprès de ses oncles et tantes et des indemnisations de ses frères et soeurs, il n'est pas au bout de ses peines.


Loin de faire comme ses voisins, Emmanuel reprend le domaine d'une main de maître, il arrache des vignes malades et replante de nombreux ceps manquants. Il fait les choses comme il lui plait loin des conventions attirant ainsi controverses et rumeurs. Dévoué à son travail, à la vigne, il se moque de ce qui se dit sur ses méthodes qui feront rapidement de lui un vigneron reconnu. Son objectif, respecter le plus possible ce que la vigne a à offrir, son fruit. L'élevage se fait dans de vieux fûts sans âge afin de ne surtout pas brusquer l'oxydation et éviter le gout du bois.


Son oncle avant lui s'était créé une réputation d'homme austère, peu enclin à recevoir des visiteurs. Emmanuel se veut plus modéré mais il précise tout de même dans les colonnes du journal Le Monde :

« C’est vrai que si j’en ai envie, je mets les gens dehors. Je sélectionne beaucoup, je suis assez sévère pour choisir ceux qui peuvent acheter mon vin. Déjà, je refuse ceux qui estiment qu’avec de l’argent, on peut tout acheter. »


Homme de foi, il ne s'accorde aucune mérite, et se dit être « un locataire de la création. Tout cela ne m’appartient pas ­vraiment. Mais il m’appartient de l’entretenir et de le partager ».


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Et les enchères ?


Le château Rayas c'est 10 000 bouteilles par an en moyenne, un rendement minuscule qui affole le marché. Pour se faire une idée, la production c'est 7,5 hectolitres à l’hectare, en moyenne les grands crus classés bordelais dépassent les 40 hl/ha.


Considéré comme une valeur sûre, celui-ci est très recherché sur le marché des enchères et difficile à trouver. Un flacon de Château Rayas 1978 peut grimper à plus de 1000€.


A défaut de se fournir en Château Rayas, on peut plus facilement se procurer du Château ou du domaine des Tours, vinifié et élevé par l'un des fils d'Emmanuel Reynaud.


Château Rayas 1978, Cannes auction



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