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Le saviez-vous ? (Le vin, ce liquide radioactif)

Anecdotes & autres histoires pour briller dans vos diners entre amis.



Marie Curie (1867-1934) & Pierre Curie (1859-1906)


Si on parle de radioactivité ou de catastrophe nucléaire, on ne pense pas immédiatement à nos verres de vin et pourtant il existe bien un lien.


La radioactivité fut découverte en 1896 par Henri Becquerel (1852-1908), lors de ses travaux sur la phosphorescence. En 1903, Marie et Pierre Curie (1859-1906) partagent avec Henri Becquerel le prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les radiations (radioactivité, rayonnement corpusculaire naturel).

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L’aventure radioactive


Les essais nucléaires qui débutèrent dans les années 1950 furent menés jusqu’à leur paroxysme dans les années 1960 avant de freiner au cours des années 80. La multitude de ces essais nucléaires atmosphériques marqua de façon indélébile nos sols, tout comme les catastrophes de Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011.

Les atomes radioactifs produits par les réacteurs nucléaires ou les bombes atomiques et dispersés dans la nature se déposent au cours du temps de manière homogène sur toute la surface du globe et donc sur les vignes. Sans surprise, on retrouve alors des traces de radioactivité artificielle dans nos bouteilles de vins. Néanmoins celles-ci sont bien inférieures à celles de la radioactivité naturelle et ne présentent aucun risque pour la santé. Les marques de radiations artificielles s’illustrent par la présence d’isotopes césium-137 (Cs137).

Essais nucléaires menés dans le monde par année, Crédits: CT24BTO


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Méthode d'analyse


Des chercheurs ont développé à l’aube des années 1990 un outil d’analyse sensible à de très faibles niveaux de radioactivité mettant en évidence la présence du Cs137 présent dans le vin.

Courbe de l’activité du Cs137 (mBq/L) des vins de Bordeaux en fonction de leur année de production. Cette courbe est utilisée comme référence pour déterminer si un vin est authentique ou frauduleux. CENBG

Cette courbe de référence réalisée par différents laboratoires de Bordeaux sur des millésimes du vignoble bordelais entre 1950 et 2000 permet donc de déterminer si un vin est authentique au vu de l’activité enregistré en Cs137. Cette méthode offre un avantage considérable pour l’identification de millésime antérieur à 1950, marqué par l’absence de stigmate dû aux essais nucléaires. Non invasive, cette technique permet de lire le rayonnement du Cs137 à travers le verre de la bouteille contrairement à une authentification par datation carbone, nécessitant une extraction de liquide.


Spectre partiel enregistré pour une bouteille d’un grand cru du bordelais indiqué comme millésimé de 1928. La forte présence de Cs137 indique un contenu postérieur à 1950 soit un flacon contrefait.



Mise en évidence d'un faux grand cru. CENBG




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Radiation et antiradiation


Malgré le fait que le vin garde des traces de radioactivité artificielle, une étude américaine a démontré l’efficacité de certaines formes de resvératrol (une substance présente naturellement contenu dans le vin) contre les dommages dus aux irradiations. De quoi renforcer les relations diplomatiques entre la Moldavie et le Japon puisque suite au drame de Fukushima, les caves Lion Gri (en Moldavie) ont décidé d’envoyer 28 000 bouteilles de vin aux Japonais.

Illustration Louise Adélaïde Sainderichin, 2020


Fort de son passé soviétique, la Moldavie perpétue une vieille tradition voulant que les hommes d’équipage des sous-marins russes boivent au moins un verre de vin rouge par jour pour se protéger des radiations.


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LES ENCHERES, ÇA DONNE QUOI ?


Lot 84 - Romanée Conti 1945 Domaine de la Romanée-Conti, octobre 2018, New-York, Sotheby’s


Les essais nucléaires n’ont pas d’incidence sur les cours des grands crus, cependant pour des raisons de rareté, les plus belles adjudications sont souvent celles des millésimes pré-nucléaire. Le domaine de la Romanée Conti dont la réputation n’est plus à faire enflamme régulièrement les enchères. Le record est détenu par une bouteille de Romanée Conti millésimée de 1945 adjugée à 558 000 dollars soit 482 000 euros. Au cours de la même vente, une bouteille (post-atomique) également du domaine de Romanée Conti millésimée de 1961 a été adjugé à 80 600 dollars (soit 69 602 euros). Un bel écart de prix qui s'explique tout d'abord par l'infime quantité de bouteilles produites par la maison en 1945 d'environ 600 bouteilles mais également par la dernière vendange avant que le domaine ne renouvelle ses vignes.


Les précédents records concernaient également des bouteilles pré-nucléaires : une bouteille de Château Lafite Rothschild de 1869 a été adjugée lors d'une vente à Hong Kong en 2010 à 233 000 dollars (soit 193 000 euros). La même année, une Impériale (6 litres) de Cheval Blanc 1947 a été adjugée pour 304 000 dollars (soit 192 000 euros) à Genève.

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